Edouard Balladur serait-il derrière Karachi ?

L’affaire Karachi, qui a déferlé la chronique en 1995, revient sur le devant de la scène avec la mise en accusation d’Edouard Balladur, premier ministre à l’époque et candidat à la présidentielle.

 

Rappelons les faits

L’affaire Karachi, pour ceux qui ne s’en rappellent pas, est l’attentat à la bombe qui a eu lieu en 1995 dans le chantier naval de DNC en Pakistan. On a déploré à l’époque le décès de 11 employés français sur 15 morts et 12 autres blessés. Ces derniers travaillaient dans l’élaboration des sous-marins Agosta. Des employés français avaient été dépêchés sur place dans la mesure où les 3 sous-marins en question étaient d’origine française. Ils avaient été vendus par l’hexagone au Pakistan en 1994.

Au départ, cette attaque à la voiture piégée a été imputée aux terrorismes. Mais au fil de l’enquête, les soupçons ont pointé vers Edouard Balladur. A la base de cette accusation ? Le rapport Nautilus.

 

Une demande de prescription refusée

Ce n’est qu’aujourd’hui que l’ancien premier ministre a été traduit en justice pour ces faits datant de plusieurs années. Ses avocats ont bien tenté de plaider la prescription, mais la CJR qui a été saisie en a statué autrement. Selon les juges, la prescription ne court qu’à la date de 2006 : année ou le rapport Nautilus a apporté de nouveau fait éclaircissant l’affaire et mettant exergue l’implication de cette personnalité politique.

Issu des mains d’un personnel de la défense, Nautilus note spécifiquement le fait que l’attentat a été perpétré dans le but de répliquer aux refus de Jacques Chirac de verser une commission aux Pakistanais. Ces rétrocommissions devaient et avaient d’ailleurs déjà financé la propagande de l’ex-premier ministre.

La mise en examen d’Edouard Balladur touche donc aussi la complicité d’abus de bien sociaux et recel.

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