Les contribuables espagnols se sont appauvris de 61 milliards pour sauver les banques

Au mois de septembre passé, la Banque d’Espagne annonçait n’avoir pu récupérer que 2.69 milliards sur les nombreux millions qui ont été apportés au secteur bancaire dans le but de le secourir. Selon l’institution, 11,71 milliards d’euros étaient « irrécupérables ». Et contrairement à la note salée de 40 milliards prévue pour l’Etat, ce sont finalement les contribuables espagnols les plus grandes victimes de cette situation.

 

La Cour des comptes a dévoilé son rapport provisoire

Le journal El pais rapportait les propos de la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Sàenz, au mois d’août 2012 en écrivant : « Nous avons fait ce sauvetage bancaire pour qu’il ne coûte pas un euro au contribuable  » . Cette déclaration ne cadre pas vraiment avec la réalité affichée par les chiffres du rapport provisoire de la cour des comptes. En fait, c’est carrément l’opposé : « le coût accumulé des fonds publics employés dans le processus de restructuration bancaire atteignant, fin 2015, 60 718 milliards d’euros », révèle le rapport en question. Les contribuables espagnols se seraient donc appauvris de près de 61 milliards d’euros.

 

Le plan de sauvetage de 2012 avait échoué

Ces données prennent en compte les sommes injectées depuis 2009, soit un an après la crise immobilière. A cette époque, il avait été voté un plan de sauvetage en faveur du secteur bancaire. A cet effet, l’Espagne avait obtenu de l’Union Européenne un prêt de 41,3 milliards, dont 22 milliards ont été engloutis par la Bankia, qui n’est autre que l’organisme résultant du regroupement de 7 diverses caisses d’épargne espagnoles qui étaient dans l’impasse. L’incapacité du gouvernement à recouvrer ces fonds faisait ainsi échouer ce fameux plan destiné à secourir le secteur bancaire et mettait par ricochet le contribuable espagnol dans une posture très inconfortable. A l’heure actuelle, à peine 5 milliards d’euros ont été récupérés auprès des banques et l’Etat lui-même n’a remboursé que 6,6 milliards d’euros sur la somme totale de 41,3 milliards prêtée par l’Union Européenne.

La Cour des comptes considère par conséquent, que les presque 61 milliards restent hypothétiques « tant que tous les processus de restructuration ne sont pas finalisés ».

Vous aimerez aussi...