6 personnes par jour sont poursuivies pour terrorisme en Algérie

Les chiffres ont été publiés par le ministère de la justice algérienne. Une publication qui, cependant, prend en compte les poursuites qui ont été entamées depuis les années 1990.

Un chiffre trop englobant

Un peu plus exactement, ce sont 54 457 personnes qui ont fait l’objet de poursuites judiciaires en Algérie depuis l’époque des années 90. Seulement, cette publication revêt un caractère légèrement imprécis dans la mesure où ceux qui n’ont pas encore été jugés, les condamnés par contumaces, les amnistiés et mêmes ceux qui ne sont plus en vie sont tous contenus dans ce bilan de justice.

Cette non-différenciation pourrait peut-être trouver son explication dans le fait que depuis 1993, personne n’a été exécuté pour fait de terrorisme dans le pays. Tayeb Louh, ministre de la justice de l’Algérie, affirme que « son ministère avait établi une base de données centralisée (…) pour les individus poursuivis pour crimes terroristes ». C’est un travail qui a débuté depuis 2014, et cette publication est une première du genre.

Des différenciations espérées

Il est à espérer que les travaux entrepris par le ministère de la justice algérienne soient peaufinés. Cela permettrait aux uns et aux autres de disposer de statistiques fiables. Il est à faire remarquer que les chiffres publiés sont tout de même alarmants. Mais une explication simple se trouve dans les évènements qui se sont succédés après l’annulation des élections législatives de 1992.

La vague de violences qui s’en est suivie a plongé le pays dans une situation assez délicate. Les islamistes avaient pris les armes et les affrontements avaient fait, selon les chiffres officiels communiqués, 200 000 morts. Aujourd’hui, le Front Islamiste du Salut, l’un des Partis qui s’étaient retrouvés au centre des affrontements, a été dissout, mais il semble bien que les séquelles de cette époque ont ouvert quelques autres blessures.

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