Moscou : les promoteurs immobiliers détruisent forêts et vieilles Datchas

Dans la banlieue de Moscou très prisée, la spéculation immobilière est en train de faire rage. Les promoteurs immobiliers sont prêts à détruire des centaines d’hectares de forêts et de villages pour arriver à leurs fins. Mais face à cette situation, des résistances se forment.

 

Les alentours dévorés

Un cas qui illustre bien la situation actuelle à Moscou, c’est celui de Vostotchnaïa Perlovka. Il s’agit d’un village de datchas qui est situé au nord-est de Moscou. Ici les autorités ont décidé de détruire 600 maisons dans le but de construire de grands ensembles. Mais la mobilisation des habitants face à cette décision a été immédiate. Viktor Karatchoun, un habitant du village confie « Je ne pourrai jamais déménager dans un immeuble en béton. Ici, j’ai une grande maison en bois, un jardin avec des pommiers. Je n’ai pas de problèmes de parking. Et mes enfants peuvent passer toute la journée en plein air ». Viktor Karatchoun a même publié une pétition qui a été signée par plus de 2.000 personnes pour protester contre la destruction de son village mais cela n’a pas eu d’influence. « Si ce projet est réalisé, la densité de la population dans ce district va dépasser les 13.000 personnes par kilomètre carré, soit deux fois plus qu’à Hong Kong » déplore Andreï Ioumachev, un avocat qui a défendu les habitants.

 

Disparition des forêts

Vostotchnaïa Perlovka n’est pas le seul dans le cas. On a aussi Stroïtel à six kilomètres, où les habitants luttent contre la destruction de Tcheliouskinski, une forêt de 103 hectares qui est aussi menacée par un projet de construction. Maria Tiabout, une habitante s’insurge: « Nous nous sommes installés ici pour que nos enfants respirent un air frais. Dans cette forêt, chaque arbre nous est cher ». Mais de leur côté, les autorités et les promoteurs ne manquent pas d’arguments. Vladimir Voronine, qui dirige FSK Lider, un grand promoteur immobilier russe affirme « À Moscou, il ne reste pratiquement plus de terrains libres ». Il poursuit « La région de Moscou attire les habitants d’autres régions qui veulent gagner de l’argent et faire carrière dans la capitale ». En effet, Moscou étant surpeuplée, ceux qui viennent actuellement s’éloignent pour acheter. Ils sont donc prêts à tout détruire. Mikhaïl Kreïndline, l’écologiste de Greenpeace-Russie estime que « Les promoteurs profitent des lacunes de la législation. Et la destruction d’espaces naturels au profit de projets de construction est de plus en plus fréquente dans le pays ». « Bientôt, les gens n’auront plus de place pour se promener ni d’air frais pour respirer… », poursuit-il.

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