Lutte contre la radicalisation : l’État dévoile le dispositif Rive

Le dispositif Rive est testé en secret

Le gouvernement prévoit d’annoncer dans un mois ses stratégies pour lutter contre la radicalisation. Mais ce jeudi 9 novembre, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, a divulgué le dispositif Rive (Recherche et Intervention sur les Violences Extrémistes). Ce dispositif a été discrètement mis en place l’année dernière.

Près de 500 personnes emprisonnées sont déjà radicalisées et 1500 individus en voie de radicalisation. La ministre de la Justice a en effet décidé de se tourner vers ce dispositif pour tenter de dé-radicaliser la France.

Comment ce dispositif fonctionne-t-il ?

En référence à la demande d’un juge, des personnes liées de près ou de loin des organisations terroristes sont prises en charge par l’équipe de Rive. Des individus qui peuvent être condamnés ou en attente de jugement en relation avec des actions violentes, de type terrorisme. Les individus pris en charges sont suivis de près par des professionnels de l’association Apcars, spécialisée dans le suivi socio-judiciaire. Apparemment, la durée de ce suivi est de deux ans renouvelables.

Actuellement, 14 personnes sont prises en charge dont 8 hommes et 6 femmes. Le suivi se fait de manière individuelle par une équipe d’éducateurs, psychologue, référent religieux ou psychiatre. Pendant le premier mois, un individu est suivi pour six heures par semaine minimum afin de le lancer vers l’autonomie totale. Auparavant, il existait un centre de dé-radicalisation en France, mais celui-ci a dû être fermé dernièrement. Cet ancien centre a eu pour stratégie de regrouper les personnes radicalisées, à l’inverse du dispositif Rive.

Quel est l’objectif de Rive ?

Les personnes à suivre sont à évaluer au préalable. Une personne qui est extrêmement violente ne devrait pas être prise en charge, mais elle doit rester en détention. Parmi les 14 personnes prises en charge, une dizaine d’entre elles sont inculpées pour avoir soutenu une organisation terroriste, que ce soit avec des actes ou avec des paroles.

La manière de suivi de ces 14 individus est différente pour chacun d’entre eux. Le choix de ce dispositif a pour objectif de désengager la violence. Actuellement, les résultats semblent favorables, selon Madame Enderlin, mais aucun détail n’a encore été prononcé.

Selon Géraldine Blin, ce dispositif permettra aux personnes radicalisées d’être réinsérées dans la société, surtout pour les individus qui devront être libérés après quelque temps d’emprisonnements.

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